Écrivain arabe et l'un des plus grands voyageurs de tous les temps, Ibn Baṭṭūṭa est l'auteur d'un récit de voyage (Riḥla) qui, par l'ampleur du champ parcouru et les qualités du récit, constitue une des œuvres de la littérature universelle (Riḥla, édition et traduction française par C. Defrémery et B. R. Sanguinetti, 4 vol., 1853-1859 ; réédition, avec préface et notes par V. Monteil, Voyages d'Ibn Baṭṭūṭa, 1968 ; édition, avec préface de K. al-Bustānī, Beyrouth, 1960 ; traduction anglaise par H. A. R. Gibb, The Travels of Ibn Baṭṭūṭa, 1958-1971).
Né à Tanger, Ibn Baṭṭūṭa est voué à un exil continu (120 000 kilomètres parcourus et vingt-huit ans d'absence) où certaines haltes, plus prolongées que d'autres, permettent de découper, un peu artificiellement, une série de voyages. Le premier, comme pour nombre de musulmans, a pour but La Mecque par l'Afrique du Nord, l'Égypte, le Haut-Nil et la Syrie ; Ibn Baṭṭūṭa y arrive en 1326. Deux mois après, quittant l'Arabie, Ibn Baṭṭūṭa se rend en Irak, puis dans l'Iran méridional, central et septentrional, revient en Irak, à Bagdad, court à Mossoul, repasse par Bagdad et se retrouve en Arabie, où il […]
