Hans Werner Henze naît à Gütersloh, en Westphalie, le 1er juillet 1926. Après des études musicales commencées à Heidelberg, interrompues par la guerre, poursuivies au lendemain de celle-ci à Paris, avecDarius Milhaud et René Leibowitz, puis à Darmstadt, Henze commence en Allemagne sa carrière comme musicien de théâtre à Constance puis à Wiesbaden, avant de se fixer en Italie.
Le théâtre et toute forme musicale qui s'en rapproche (opéras, y compris opéras dits radiophoniques, cantates, ballets) demeurent au centre de ses préoccupations et de sa recherche. Il n'en est pas moins l'auteur de dix symphonies (composées entre 1947 et 2000), de deux concertos pour piano (1950 et 1967), d'œuvres orchestrales, de musique de chambre. Mais, c'est la musique de théâtre, ou simplement chorale, qui correspond le plus intimement à son authentique besoin de communication avec un large public.
Sa volonté d'engagement en fait une figure parallèle en musique à celle de Bertolt Brecht en poésie ; Henze accepte volontiers et assume ce rapprochement, qui est particulièrement sensible dans l'intention didactique de certaines de ses œuvres : ses Moralitäten (1967) sont conçues comme des Lehrstücken de Brecht. Il partage avec le poète le même souci d'exprimer par son œuvre la réalité et les contradictions d'un monde en marche.
Sa musique, toujours intelligente, mue par une recherche constante de l'expression, s'insurge contre tout interdit, refuse tout dogmatisme, emprunte aux diverses écoles et esthétiques ; elle n'est pas toujours, en dépit de la générosité, de la sincérité et des dons très réels de son auteur, exempte d'une certaine facilité. Qu'il s'agisse de l'opéra (Boulevard Solitude, 1952 ; Der Prinz von Homburg, 1960, révisé en 1991 ; Elegy for Young Lovers, 1961, réorchestré en 1987 ; Wir erreichen den Fluss, 1977 ; Das verratene Meer, 1990 ; Venus and Adonis, 1997), de ses importantes œuvres chorales (Being Beauteous, 1963, à partir des Illuminations de Rimbaud ; Muzen Siziliens, 1966 ; Das Floss der Medusa, 1968, révisé en 1990 ; ) ou d'œuvres aux proportions plus modestes, comme El Cimarrón (1970), qui allie la voix à la percussion et à la flûte, aucune de ses œuvres ne laisse indifférent. « Je n'ai pas trop de toutes mes forces pour écrire avec simplicité », a déclaré un jour Henze aux étudiants qui l'interrogeaient sur son œuvre.
Brigitte MASSIN
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