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HALLUCINATIONS

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Vision de Milton de sa seconde femme, J. H. Füssli

Le malade mental est souvent un « halluciné » : il prétend voir des personnages, entendre des voix, sentir des odeurs. Or nous ne voyons rien, nous n'entendons rien, nous ne sentons rien de ce qu'il dit percevoir. Faut-il admettre que les organes sensoriels du patient aient la possibilité de capter de mystérieux effluves et d'entrevoir des réalités insaisissables pour la plupart des humains ? Non ! Les hallucinations du malade mental ont des contenus imaginaires et trompeurs. Quelle que soit leur apparente richesse, les hallucinations ont des caractères de stéréotypie et d'uniformité qui en permettent la séméiologie, la nosographie, l'étude évolutive, l'analyse psychopathologique.

Cependant, l'idée selon laquelle un individu pourrait ressentir des influences supra-normales est-elle toujours considérée comme déraisonnable ? Il ne semble pas. « L'immense majorité des hommes, écrit D. Lagache, admet la possibilité d'agir à distance sur un esprit, par un pouvoir spirituel ou une action matérielle. » De même, la question des « modes accidentels de la perception » a été fort controversée. Certains ont parlé de zones perceptives émoussées au cours des millénaires. L'humanité aurait, autrefois, possédé communément la fonction hallucinatoire, puis l'aurait peu à peu perdue. Et peut-être des êtres lointains, extra-terrestres, possèdent-ils une intelligence capable d'influencer la nôtre ? Telles sont les suppositions d'un grand nombre de gens qui rangent dans l'insolite, le mystérieux, le plausible, une part de ce que les médecins considèrent comme pathologique. 

Encore faut-il souligner avec quelle force et quelle constance les aliénistes, les psychiatres, les psychologues ont admis que l'hallucination puisse se rencontrer hors de la maladie mentale : les convictions à forte charge émotionnelle, les déterminismes sociaux, les sentiments religieux en seraient les principaux vecteurs.

A. Brierre de Boismont fut, au milieu du xixe siècle, le grand défenseur d'une « histoire raisonn […]

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