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HALLUCINATIONS

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3.  Évolution et thérapeutique

  Onirisme et psychoses

Quelles que soient leurs variétés séméiologiques, les troubles psychosensoriels s'inscrivent, schématiquement, dans la double perspective évolutive suivante : tantôt les symptômes sont ceux d'un état hallucinatoire aigu ; tantôt ils sont liés à une perturbation durable. Dans la première hypothèse, il s'agit en général d'onirisme. L'onirisme est fait de visions et de scènes hallucinatoires complexes qui sont projetées par le patient, à la façon d'un « rêve vécu », dans son champ spatial environnant. Ses contenus se détachent sur un fond d'obnubilation psychique. Ils comportent une forte charge anxieuse, entraînant des activités motrices ou verbales tumultueuses. Parfois, la bouffée confuso-onirique survient de façon inopinée, sans cause apparente. Habituellement, elle est occasionnée par une intoxication, un traumatisme, un état infectieux. Le plus souvent, elle se dissipe sans laisser de traces.

À l'inverse, dans la seconde hypothèse (au cours des psychoses hallucinatoires chroniques et des schizophrénies), les troubles psychosensoriels sont liés à une profonde altération de la personnalité, dont ils jalonnent l'évolution morbide. C'est ainsi qu'au début, par exemple, d'un syndrome discordant, on observe surtout des hallucinations élémentaires et des manifestations d'automatisme mental qui mettent en échec le sentiment d'autonomie de la personne. Puis, pendant de nombreuses années, les hallucinations sont franches, souvent polarisées selon un système antagoniste (persécution-consolation). Simultanément on note les attitudes de défense et la désignation des persécuteurs. Lorsque l'activité hallucinatoire poursuit son « activité dissociative » (A. Porot), il n'est pas rare que les thèmes de mégalomanie fassent leur apparition. Enfin, en période d'involution, le délire hallucinatoire s'amenuise : c'est là le mode de résolution habituel des psychoses schizophréniques.

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Vision de Milton de sa seconde femme, J. H. Füssli

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