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BOUZIGNAC GUILLAUME (mort apr. 1643)

Compositeur français, d'origine languedocienne. Le style très original de Bouzignac en fait l'un des plus remarquables musiciens de l'école française du début du xviie siècle. Il est, notamment, l'un des précurseurs de Marc-Antoine Charpentier pour l'introduction de l'oratorio en France. Par son écriture, où l'influence italienne se fait nettement sentir, il diffère profondément de ses contemporains français du Nord. On sait peu de chose de sa vie. À l'âge de dix-sept ans, il abandonne la maîtrise de la cathédrale de Narbonne ; on le retrouve maître de musique à la cathédrale de Grenoble (1609) et au service du juge-prévôt d'Angoulême, G. de La Charlonye, jusqu'en 1634 environ. Il est possible qu'il ait dirigé la maîtrise de Rodez et celle de Tours. Il fut aussi au service du gouverneur de Languedoc, Henri, duc de Montmorency, lequel avait des musiciens italiens attachés à sa cour. De son vivant, aucune de ses œuvres ne fut probablement éditée ; elles sont cependant nombreuses, et furent suffisamment connues pour que Mersenne (1636) et dom J. Le Clerc (après la mort de Charpentier) en fassent l'éloge, ainsi qu'Annibal Gantez dans son célèbre ouvrage, L'Entretien des musiciens (1643).

On doit à Bouzignac, outre trois messes (à deux, cinq et sept voix), des lamentations, et surtout des psaumes, des hymnes et des motets. Il écrit souvent à deux chœurs, comme Nicolas Formé, le musicien de Louis XIII, ou plutôt à la manière de Juan Cererols (1618-1676), à moins qu'on ne puisse imaginer au contraire que l'influence va du catalan français au catalan espagnol. Dans ces compositions, de quatre à neuf voix, il confère un élément dramatique à sa musique, par l'emploi du solo ou du groupe de solistes alternant avec les chœurs, ouvrant la voie au grand motet à la française d'Henry Du Mont. Son motet O flamma divini amoris, à six voix, pour le temps de la Passion, ainsi que les dialogues spirituels, tels La Trahison de Judas et Stella refulget (motet pour l'Épiphanie) sont proches des oratorios dramatiques de Carissimi, contemporains ou légèrement postérieurs ; ils ne le leur cèdent en rien quant à l'intensité expressive, à la disposition originale des voix et à leur efficacité dramatique (audaces harmoniques et mélodiques : intervalles diminués, par exemple). On pourrait même évoquer à leur endroit Marenzio, Vecchi ou Gesualdo.

Pierre-Paul LACAS

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Écrit par :  Roger BLANCHARD

Dans le chapitre "Le motet polyphonique de la Renaissance"  : …  siècle. En France, à l'époque de Henri IV et de Louis XIII, les motets d'Eustache Du Caurroy, de *Guillaume Bouzignac, d'Étienne Moulinié se rattachent à la tradition polyphonique plus ou moins altérée, mais dès la fin du règne de Louis XIII se précise l'esthétique du « motet versaillais ». En Italie, Antonio Lotti, Giovanni Legrenzi, Alessandro… Lire la suite

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