Guibert écrivait en 1790 : « Quand les nations elles-mêmes prendront part à la guerre tout changera de face ; les habitants d'un pays devenant soldats, on les traitera comme ennemis, la crainte de les avoir contre soi, l'inquiétude de les laisser derrière soi, les fera détruire. Ah ! c'était une heureuse invention que ce bel art, ce beau système de guerre moderne qui ne mettait en action qu'une certaine quantité de forces consacrées à vider la querelle des nations, et qui laissait en paix tout le reste, qui suppléait le nombre par la discipline, balançait les succès par la science et plaçait sans cesse des idées d'ordre et de conservation au milieu de cruelles nécessités que la guerre entraînait. »
« Ce bel art, ce beau système » dont parle Guibert, c'est ce que d'aucuns ont appelé la guerre en dentelles, une guerre de convenance entre chefs bien élevés, échangeant des politesses avant les premières salves — s'ils ne pouvaient éviter un combat coûteux — bref, faisant la guerre comme Buffon écrivait, en manchettes de dentelle.
Il est probable que les combattants de Malplaquet et de Denain, ou que ceux qui avaient participé à la retraite de Bohême sous Belle-Isle ne pa […]
