Si l'on met à part les subtilités des interprétations techniques, d'autant plus hasardeuses que les documents eux-mêmes ne sont pas toujours précis, le problème du gouvernail se ramène à une formulation très simple. Dès les origines de la navigation, la gouverne est assurée par une rame plus importante que les autres, système en usage jusqu'au xiie siècle et remplacé, ensuite, par le gouvernail d'étambot. L'iconographie égyptienne (à partir de la construction des navires mâtés : ~ 2700), les peintures de vases grecs, les bas-reliefs romains nous livrent, par centaines, les exemples de rames-gouvernails diversement retenues à la poupe et manœuvrées de côté. Ces très lourds leviers, dont la partie plongeante est la plus importante, se manipulent difficilement. La technique de prise, en Égypte, consiste à emmancher au sommet de la hampe une barre verticale, la rame subissant alors un mouvement de rotation dans son axe longitudinal. Une traverse peut aussi relier deux rames-gouvernails disposées de chaque côté de la coque. Les modes de fixation sur le plat-bord ou de maniement de la rame-gouvernail ont varié sans doute, encore qu'il soit impossible, à partir de f [… ]
