Quelques mois après la disparition de Georges Auric, celle de Germaine Tailleferre a achevé l'aventure du groupe des Six dont elle était la dernière survivante, aventure éphémère s'il en fut. Ce groupe était né d'une critique d'Henri Collet dans le journal Comœdia en 1919, à l'occasion d'un concert réunissant des œuvres de six jeunes compositeurs, qui présentaient cependant trop peu de points communs pour voir leurs destinées s'unir à long terme comme celles des cinq Russes.
Germaine Tailleferre voit le jour à Saint-Maur, dans la région parisienne, le 19 avril 1892. Elle fait preuve d'une étonnante précocité musicale en entrant au Conservatoire en 1904. Dans les classes d'Henri Dallier et de Georges Caussade, elle remporte des premiers prix d'harmonie (1913), de contrepoint (1914) et d'accompagnement (1915) tout en travaillant par ailleurs la composition avec Charles Koechlin. C'est l'époque où elle se lie avec Georges Auric, Arthur Honegger et Darius Milhaud, qui suivent les mêmes classes au Conservatoire. En 1917, elle fait la connaissance d'Erik Satie, qui deviendra le père spirituel des Six. Ses premières œuvres, un Quatuor à cordes dédié à Arthur Rubinstein, et Jeux de plein air, suite pour deux pianos qu'elle crée avec Satie (1918), montrent sa volonté de réagir contre les héritages du xixe siècle et contre l'impressionnisme. C'est un retour à la tradition française que confirme son Concerto pour piano (1919, créé par Alfred Cortot en 1921), la Sonate pour violon et piano no 1 (1920, créée par Jacques Thibaud et Alfred Cortot) ou la Ballade pour piano et orchestre (1922, créée par Ricardo Viñes en 1923). Mais le grand public ne la découvre qu'en 1923 avec son ballet Marchand d'oiseaux, créé aux Ballets suédois. Elle participe à l'œuvre collective des Six (dont Louis Durey s'était déjà retiré), Les Mariés de la tour Eiffel (1921), et travaille l'orchestration avec Maurice Ravel, dont elle est l'une des rares élèves (1925-1930). À la même époque, elle compose un Concertino pour harpe (1926 […]
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