3. Le poète de la grâce divine et de l'angoisse humaine
Poète né, Hopkins au moment de sa conversion a cru devoir sacrifier ce don à Dieu. Pendant sept ans, de 1868 à 1875, il n'écrit aucun poème. Mais il médite sur la poésie et la prosodie et, lorsqu'il reçoit de son supérieur une invitation à composer de nouveau, c'est un des plus beaux chants spirituels qui jaillit de sa plume : Le Naufrage du « Deutschland ». À elle seule, cette ode ferait sa gloire ; mais elle est accompagnée d'une soixantaine de sonnets de la plus haute qualité. Poète marqué par l'expérience de la grâce et théologien qui découvre chez Duns Scot le garant de sa foi et de son art, car c'est l'individualité qui confère à l'être réel sa perfection dernière et comme son ultime achèvement, Hopkins dit dans ses vers comment Dieu forge l'homme dans le sacrifice, l'enrichit de sa grâce et le veut pleinement lui-même pour mieux refléter le Christ dont la beauté « s'offre au Père sous les traits du visage des hommes ».
Si sûr qu'il ait été de sa foi, Hopkins fut souvent en proie à des crises de tristesse et d'angoisse. Avec lucidité, il les a décrites dans ses « sonnets terribles » qu'on a justement appelés « les psaumes de l'homme moderne ». Le prêtre de paroisse a su aussi décrire avec simplicité sa tâche auprès des pauvres qu'il a connus à Liverpool et Glasgow.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



