Catégorie morphologique supportée par diverses parties du discours, variables du reste selon les langues considérées, la seule constante qu'on puisse observer étant le caractère lexicalisé de la catégorie : entendons qu'à l'inverse du nombre le genre est donné dans la compétence du sujet pour chaque nom, indépendamment de la volonté du locuteur. Deux directions principales organisent, à partir de là, la question : l'ordre de la réalité (le genre est-il rationnel ?) et celui du discours (comment l'énoncé en distribue-t-il les marques ?).
On serait tenté, en ce qui concerne le plan de la référence, de postuler une relation étroite entre le genre grammatical et le sexe : cette relation ne vaudrait, bien entendu, que pour les êtres vivants, tandis que les choses, non sexuées, se répartiraient, en un premier temps, dans la catégorie du neutre (étymologiquement, ni l'un ni l'autre) et, par la suite, dans l'un ou l'autre genre si le neutre venait à disparaître. Quelle que soit la « sexuisemblance » observée (Damourette et Pichon), on est bien obligé de convenir qu'on se situe ainsi en plein domaine de l'arbitraire social : à part le cas des quelques animaux élevés par l'homme pou […]
