Dans le système de déclinaison des langues flexionnelles, le datif est un des cas masqués ; ce mot créé pour les grammairiens anciens (du latin dare : « donner ») rappelle par son origine une des valeurs essentielles du cas, mais non la seule. Comme actant du procès, le groupe au datif exprime dans l'intérêt ou au détriment de qui s'effectue le procès ; mais aussi les liens qui unissent le prédicat et ce groupe peuvent être bien plus lâches, comme lorsque le latin désigne l'agent après un parfait passif ou un adjectif d'obligation. Comme trace de l'énonciation, le datif renvoie à un simple point de vue d'où s'origine la prise en charge de l'assertion. Il va de soi que ces valeurs ne sont discriminantes que lorsque le datif s'oppose, en tant que cas non prépositionnel, à l'ablatif avec la plupart de ses valeurs de localisation, ou à l'instrumental lorsqu'il existe. Hors de cette opposition, le datif a hérité (cas du grec classique ou de l'allemand) leurs valeurs.
Robert SCTRICK
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