Homme politique suisse, originaire du pays de Vaud, Laharpe — il écrira ainsi son nom après la Révolution — est un patriote, souffrant avec impatience la domination bernoise qui pèse sur son pays. Il entre en relations avec Lanskoï, le favori de la tsarine Catherine II, et se rend à Saint-Pétersbourg où la souveraine lui confie, en 1784, l'éducation de ses petits-fils, Alexandre et Nicolas. « Tête solide », au jugement de l'impératrice, Laharpe, qui restera toute sa vie adepte du libéralisme, exerce, pendant ses années de préceptorat, une très forte influence sur ses deux élèves. L'empereur Alexandre Ier pourra dire par la suite : « Je dois tout ce que je suis à un Suisse. »
Lorsque éclate la Révolution française, Laharpe soutient avec ardeur les idées nouvelles et dissuade la tsarine de prendre une attitude hostile à la France. Il refuse de participer au complot ourdi pour écarter le grand-duc Paul du trône et, sous le prétexte d'avoir écrit des brochures subversives, il est congédié en 1795, mais il demeure en relations suivies avec Alexandre. Condamné par contumace au bannissement par les autorités bernoises, il se fixe à Genthod, près de Genève, puis en France. Il publie, en 1797, un violent réquisitoire contre le régime bernois, Essai sur la Constitution du pays de Vaud. Lié aux Jacobins helvétiques, il presse le Directoire d'intervenir, pour démocratiser la Suisse, en brisant les oligarchies patriciennes et en créant un État de Vaud libre, sous protectorat français, auquel seraient annexés le Jura bernois, Neuchâtel et le Valais. Il élargit ensuite son dessein et, avec le Bâlois Pierre Ochs, propose un plan de constitution pour la Suisse (1797).
Après l'invasion de la Confédération par les troupes françaises, Laharpe fait triompher l'idée d'une République helvétique unitaire. Il devient membre du Directoire helvétique (1798). Aux prises avec d'énormes difficultés, il pense les résoudre en imposant aux villes et aux aristocrates un emprunt forcé et en faisant vendre les biens féod […]
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