Sculpteur français. Bien qu'accepté par ses contemporains, Rude vécut une existence discrète, à l'abri des honneurs et des polémiques de la vie artistique de son temps, et c'est du moins l'image que ses premiers historiens ont donnée de l'artiste.
Né à Dijon, grand prix de Rome en 1812, Rude n'alla jamais en Italie, les séjours des pensionnaires à l'Académie de Rome ayant été alors suspendus. En 1815, il partit rejoindre le peintre Sophie Frémiet, émigrée avec sa famille, à Bruxelles ; il y demeura jusqu'en 1827. De retour en France, il participa à différents Salons artistiques la même année. Jamais élu à l'Académie des beaux-arts, il n'enseigna pas non plus à l'École des beaux-arts, mais dirigea un atelier privé de grande réputation où se formèrent des sculpteurs de talent.
L'art de Rude se rattache aux principes néo-classiques définis au début du siècle. Rude les interpréta toutefois dans le sens d'une observation rigoureuse de la nature et d'un respect de la spécificité du modèle, les menant ainsi à l'encontre des tendances idéalisantes de la sculpture néo-classique. Il reprit également des sujets antiques qui sont les sujets populaires de son époque. La sculpture reste pour lui un art didactique, qui doit éterniser dans une forme plaisante un sentiment ou une idée. Dans cette perspective, l'Antiquité propose des sujets mythologiques et historiques animés par des personnages dont les caractères et les actions sont compris par tous. Rude sut toutefois faire exprimer à la sculpture des idées de son temps. On rencontre cette volonté dans l'un des programmes les plus importants de son époque, la décoration de l'Arc de triomphe de l'Étoile, qui devait être une magistrale leçon d'histoire et de patriotisme traduite dans la pierre. Pressenti à l'origine pour exécuter les quatre bas-reliefs, Rude n'en réalisa qu'un, Le Départ des volontaires en 1792 (dit La Marseillaise, 1835-1836), œuvre célébrée par tous et qui connut un succès durable. Dans cette image au style large et au pathos affirmé, Rude dépeint ave […]
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