2. Une extrême gauche dans les urnes
• Réalités européennes
Trop souvent considérée comme une exception française, l'extrême gauche s'est implantée en Europe occidentale au bénéfice d'un essoufflement du modèle démocratique et de sa capacité à créer du consensus. Plusieurs parallèles peuvent être établis entre les pays européens : la remise en cause des partis traditionnels ; la « crise de la représentation » (diatribes contre le personnel politique, recul de la participation politique conventionnelle comme le vote ou l'engagement dans les partis politiques...) ; le sentiment d'une montée des périls venus d'ailleurs. Il peut s'agir des délocalisations (qui profitent aux pays de l'Europe orientale ou émergents), du libéralisme économique (fruit d'une Europe savamment réifiée et présentée par les gouvernements nationaux comme responsable de tous les maux), des migrations humaines et de la montée des « périls » qui l'accompagnent, des tensions internationales sur fond de fondamentalismes politiques ou religieux.
Tous ces éléments nationaux et/ou internationaux ont contribué à une exacerbation du refus et du repli. Ces derniers sont venus réactiver des radicalismes politiques, dont l'extrême gauche européenne (comme l'extrême droite d'ailleurs) a profité mais sous des formes très différentes en fonction des contextes politiques nationaux.
De ce fait, l'exception française ne tient pas tant à la survivance d'une extrême gauche active qu'à une stratégie d'indépendance ou de cavalier seul assez isolée en Europe. En effet, l'observation des situations politiques européennes permet d'identifier une extrême gauche à la fois très présente du point de vue des instances représentatives et des élections mais également engagée dans des stratégies d'alliance et de rapprochements relativement inédites en France.
Ces stratégies d'associations traduisent, peu ou prou, des évolutions doctrinales parfois radicales. Elles témoignent aussi d'une conversion à l'idée que les élections sont des compétition […]
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