4. Nouveaux espaces européens
Deux phénomènes conduisent à réexaminer d'un œil neuf bon nombre de données de la géographie humaine de l'Europe : d'une part, la disparition du rideau de fer et l'éclatement du bloc soviétique en États indépendants, puis l'élargissement de l'U.E. à la plupart des pays d'Europe orientale ou balkanique ; d'autre part la mondialisation, qui touche, outre l'économie, tous les domaines de l'activité humaine et les organisations sociales et territoriales. La concurrence commerciale, intra-communautaire ou externe, a accéléré, bien plus que la révolution technologique, la mutation d'une économie de production, jusque-là très figée dans ses localisations, en une économie plus tertiarisée et plus flexible, qui relocalise ses activités à l'échelle du continent. La métropolisation, c'est-à-dire le renforcement et la concentration des pouvoirs financiers, économiques et décisionnels dans les principaux pôles urbains européens, et plus particulièrement sur ceux qui ont un poids mondial, n'est que l'aspect le plus visible de cette formidable réorganisation des espaces européens, qui se surimpose à l'ancienne. Celle-ci affecte moins l'Ukraine, la Biélorussie et la Moldavie, qui se rapprochent des autres États européens mais demeurent étroitement liés à la Russie. Moscou, après une période de transition très chaotique, commence à réorganiser son espace économique et ses territoires et à rétablir son influence sur la Communauté des États indépendants, organisation eurasiatique qui regroupe la plupart des pays de l'ex-U.R.S.S. Mais c'est fondamentalement dans le cadre de l'Union européenne que se construit une nouvelle Europe, dans laquelle espèrent entrer les pays de l'ex-Yougoslavie et l'Albanie. En ce qui concerne la Turquie, on peut arguer que, bien que ce pays soit économiquement déjà très soudé à l'Europe, seule une toute partie de son territoire, en arrière d'Istanbul, est européenne. Mais cet alibi géographique ne tient pas : au xviiie siècle, on a repoussé les limites […]
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