Erwin Piscator est avec Max Reinhardt l'un des grand rénovateurs de la mise en scène théâtrale en Allemagne, particulièrement sous la république de Weimar, où se déroule la partie la plus féconde de sa carrière. Il peut être considéré comme le promoteur du théâtre politique ou « épique » dont il partage la paternité avec Bertolt Brecht.
Né près de Wetzlar dans une famille protestante qui compte parmi ses ancêtres le théologien J. Piscator (1546-1625), il sent s'éveiller très tôt son goût pour la scène. Étudiant à Munich, il devient acteur. Fin 1917, il dirige un théâtre aux armées. Parallèlement, il prend conscience des antagonismes sociaux. Dès avant la guerre qu'il vivra aussi au front, il est antimilitariste. Comme il le confie dans son principal ouvrage (Das proletarische Theater, 1929), la guerre scelle de façon indissociable son engagement politique et sa vocation théâtrale. En 1918, on le retrouve parmi les dadaïstes berlinois. Comme beaucoup d'entre eux, il adhère au Parti communiste.
C'est donc en militant qu'il aborde le théâtre. Renvoyant dos à dos le naturalisme jugé trop photographique et l'expressionnisme trop métaphysique, il veut mettre la scène au service de la révolution à travers un répertoire neuf composé de drames collectifs et non plus personnels qui sont reliés à l'histoire immédiate et interprétés par des non-professionnels. Il s'adresse à un public prolétarien dont il faut éclairer la conscience. Arme de libération culturelle, le théâtre n'est plus le miroir de son temps, mais un tribunal qui condamne l'ordre ancien et invite à la construction d'un monde nouveau conforme aux exigences du socialisme révolutionnaire. Un tel projet appelle la mise en œuvre de techniques nouvelles, essentiellement cinématographiques et architecturales, qui font éclater l'espace scénique traditionnel.
Sa notoriété s'affirme rapidement. Engagé d'abord dans des expériences d'agitprop au Proletarisches Theater de Berlin (1920), il poursuit ses années d'apprentissage avec des revues commandées par le Part […]
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