5. Identité et stigmatisation
Cettethéorie de l'identité se trouve au cœur de l'ouvrage suivant, Stigma, qui peut être considéré comme une sorte de chef-d'œuvre caché. Goffman y avance en effet masqué, car il ne prétend pas théoriser une question aussi controversée que celle de l'identité personnelle. Il analyse une relation qu'il appelle stigmatisation et qui lie un « normal » et un « handicapé », c'est-à-dire quelqu'un affecté d'un stigmate, qu'il s'agisse d'un handicap physique ou social, quelqu'un de discrédité ou de « discréditable » socialement.
Ce dialogue du « normal » et du « stigmatisé » est en fait une métaphore de la vie sociale. Ce sont des points de vue qui se confrontent. Dans l'interaction, lors de la rencontre entre soi et autrui, chacun cherche à « typifier » l'autre pour l'identifier. Il suffit qu'une différence (de la couleur de peau à l'accent en passant par la démarche) soit traitée en inégalité pour que l'étiquette attribuée à autrui devienne un stigmate. Cette « identité attribuée par autrui » risque de ne pas correspondre à l'identité « revendiquée par soi » que l'autre espère qu'on lui reconnaisse. Cet écart entre les deux facettes de l'identité provoque du malaise dans la communication et de la souffrance chez le stigmatisé. Il suscite des stratégies identitaires de « gestion du stigmate », depuis l'affrontement jusqu'à la résignation en passant par la fuite et la négociation.
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