Né à Berlin, ce professeur à l'université de Marburg, chassé par les nazis, réfugié à Istanbul puis aux États-Unis, est l'auteur de travaux sur Dante, le symbolisme chrétien, la littérature latine médiévale, la littérature française. Il est surtout universellement connu depuis la publication, en 1946, de Mimésis : la représentation de la réalité dans la littérature occidentale (Dargestellte Wirklichkeit in der abendländischen Literatur). Par sélection et comparaison de quelques productions phares, ce monument de la critique littéraire moderne embrasse la totalité de l'histoire des grandes œuvres occidentales, depuis Homère jusqu'à Virginia Woolf, en passant par Dante, Rabelais, Cervantès, Montaigne ou Stendhal.
La méthode d'Auerbach implique une interprétabilité historique de la littérature, c'est-à-dire la possibilité d'analyse d'un lien entre le discours littéraire et les conditions générales, socio-culturelles, de son environnement. La tâche du critique est donc de décrypter les signes d'un univers mental collectif, à travers telle ou telle réalisation artistique. Ce postulat est lui-même solidaire d'un autre, selon lequel on peut voir dans la suite de […]
