Historien qui a conquis à l'histoire de l'art des domaines nouveaux ; sa vocation paraît être née de l'École normale supérieure. En 1898, il présente comme thèse de doctorat une œuvre qui, sous un titre apparemment traditionnel : L'Art religieux du XIIIe siècle en France. Étude sur l'iconographie du Moyen Âge et sur ses sources d'inspiration, propose une méthode d'investigation originale. Il s'agit d'interpréter les œuvres d'art à la lumière de la production littéraire contemporaine. Autrement dit, d'en découvrir la signification en les replongeant dans le milieu religieux et intellectuel de l'époque. Dix ans après sa publication, l'ouvrage en était à sa troisième édition, ce qui est exceptionnel pour un livre d'histoire de l'art et davantage encore pour une thèse. Le succès s'explique par le fait que l'archéologue se doublait chez Émile Mâle d'un véritable écrivain. On a dit de lui qu'il avait l'art de faire fleurir les roses sur les ronces tant il savait donner à une érudition austère une présentation séduisante. Cependant, à la même époque (1908), il applique sa méthode à L'Art religieux de la fin du Moyen Âge en France. Comme le monde étudié est […]
