5. Les manifestations religieuses et la religion populaire
L'intensité du sentiment religieux d'un peuple se marque dans la vie quotidienne par des manifestations extérieures qui, dans le cas de l'Égypte, n'ont malheureusement guère laissé de traces dans les monuments ou la littérature. Il est certain que les Égyptiens pratiquaient les pèlerinages. Le pèlerinage à Abydos, où repose la tête d'Osiris, et celui à Bubastis sont parmi les plus populaires ; les morts eux-mêmes les accomplissaient et les représentations des tombes font voir les bateaux qui les y transportaient. Au terme du pèlerinage à Abydos, les vivants érigeaient, en témoignage de piété personnelle, une stèle à leur nom, pour obtenir la faveur du dieu après leur mort.
Tous les grands temples connaissent aussi la foule des pèlerins lors de la fête de leur dieu. Ces fêtes sont de plus le prétexte à la célébration de « mystères » où la légende du dieu est mimée ou racontée par des récitants. Les auteurs classiques nous apprennent que, parfois, ces mystères donnent lieu à des combats fictifs où il n'est pas rare que le sang coule. La foule participe par des chants et des danses aux processions qui accompagnent ces fêtes annuelles. Les morts sont célébrés à Thèbes, durant la « Fête de la vallée », lorsque le dieu Amon, présent dans sa statue, traverse le Nil et visite les temples funéraires des rois, sur la rive ouest du fleuve. À cette occasion, le peuple qui suit la procession se rend dans les tombes familiales et participe à des agapes que les morts président.
C'est également au cours des fêtes, lorsque la statue de la divinité est solennellement promenée hors du sanctuaire, que les fidèles peuvent s'adresser directement à leur dieu : ils posent des questions soit oralement, soit en mettant sur son passage deux fragments de papyrus, ou deux éclats de poterie, sur lesquels la question est écrite sous forme affirmative sur l'un, et négative sur l'autre. Le dieu répond en obligeant ses porteurs à se diriger soit vers le […]
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