Terme qui, dans l'hindouisme, caractérise la doctrine de la dualité, par opposition à celle qui professe une sorte de monisme. La métaphysique hindoue est dominée par la problématique propre au vedānta. Ce darśana (« point de vue », « système philosophique ») s'efforce de définir les relations entre l'âme (ātman) et l'absolu (brahman). Le plus souvent, les adeptes du vedānta, s'appuyant sur des définitions empruntées aux Upaniṣads védiques, concluent à l'identité de l'ātman et du brahman (tat tvam asi : « tu es Cela » ; aham brahma asmi : « je suis le brahman »). On parle alors d'advaita-vedānta (« vedānta fondé sur la doctrine de la non-dualité ») ; et Śaṅkara (viiie s.) en est le représentant le plus célèbre.
Cependant, il ne faut pas oublier qu'a toujours existé une autre tendance qui, à l'intérieur même du vedānta, professait un dualisme (dvaita) véritable : pluralité des âmes, face à un Seigneur unique (le brahman hypostasié en ishvara, « dieu personnel ») ; ressemblance, mais non identité de l'ātman et du brahman ; etc. De ce fait, le salut (mokṣa, « délivrance ») n'est plus la réalisation de l'union de l'ātman et du brahman, mais la « cohabitation » de l'âme et du Seigneur dans un paradis. Parmi les adeptes du vedānta dualiste, on peut citer Rāmānuja (xie s.) et surtout Madhva (xiiie s.).
Jean VARENNE
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