2. Intervention de l'État ou jeu du marché ?
Faut-il ou non corriger l'existence des coûts sociaux ou/et compenser les dommages ressentis par certains agents à cette occasion ? Ce problème est fondamental pour l'analyse économique et se retrouve à la base des débats les plus célèbres sur la nécessité ou non de corriger le fonctionnement des marchés ainsi que sur l'intervention de l'État.
Pour les uns, l'existence de coûts sociaux met en cause la capacité du marché à réaliser des situations optimales pour l'ensemble des agents et conduit à faire intervenir l'État ; ce dernier réduira la taille des activités à l'origine de ce processus, ou bien les interdira, ou bien encore les laissera subsister au prix d'un système de compensation des dommages ainsi entraînés. La position la plus traditionnelle est ici celle d'Arthur C. Pigou, aux yeux de qui l'existence d'un coût social était une condition suffisante pour déclencher l'intervention de l'État, le principe étant de poursuivre cette action jusqu'au moment où le coût social disparaîtrait, plus précisément jusqu'au moment où il se confondrait avec le seul coût privé.
Pour les autres, il convient, au contraire, de laisser les agents corriger d'eux-mêmes, par le biais d'interventions sur le marché, le processus en question. Ce débat est aujourd'hui indissociable du théorème formulé par Ronald Coase, pour qui il convient de laisser le marché fonctionner, l'existence de coûts sociaux étant, en fait, non pas un obstacle à mais au contraire une garantie contre des interventions intempestives et finalement dommageables de l'État.
• Le théorème de Coase
Partons d'un exemple classique : aux premiers temps des chemins de fer, l'activité des compagnies ferroviaires entraîne, pour les agriculteurs, des destructions sur les exploitations situées tout au long des voies. Le gain des unes a donc pour contrepartie immédiate des pertes pour les autres, pertes non prises en considération par les marchés. Le coût social de l'activité ferroviaire est […]
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