Berthollet est, après Lavoisier, le chimiste français le plus important de la fin du xviiie siècle. Il a été à la fois un théoricien et un praticien. On lui doit notamment des ouvrages sur le blanchiment (découverte de l'eau de Javel) et sur la teinture. Dans son essai de statique chimique (1803), il fut le premier à définir les notions d'équilibre chimique et d'action de masse. Les règles dites de Berthollet sont la première contribution sérieuse au problème de la prévision des réactions chimiques.
1. Le savant
Claude Louis Berthollet, né à Talloires, près d'Annecy, situé alors en territoire piémontais, fit ses études à Chambéry, puis surtout à Turin, où il fut reçu licencié et docteur en médecine, en janvier et mai 1770. En 1772, il vint à Paris, où il s'intéressa à la chimie en suivant principalement les cours de Macquer et Bucquet. Reçu médecin de la faculté de Paris en 1779, naturalisé Français l'année précédente, il était devenu, grâce à la protection du médecin genevois Tronchin, « médecin ordinaire » de Mme de Montesson, épouse du duc d'Orléans. Grâce à ce poste, il disposait d'un laboratoire pour ses recherches personnelles.
Ses premiers mémoires furent présentés à l'Académie royale des sciences dès 1778. Le jeune chimiste y fut admis comme adjoint le 15 avril 1780, associé le 23 avril 1785, et pensionnaire le 7 janvier 1792. Avec Fourcroy, Guyton de Morveau et Monge, il faisait partie du petit cercle de jeunes savants qui se réunissaient à l'Arsenal, autour de Lavoisier, dont il subit ainsi directement l'influence. En 1784, il succéda à Macquer à la « direction des teintures de la Manufacture des Gobelins ». Son ouvrage Éléments de l'art de la teinture (1791) était un traité sur cet « art » qui devint, grâce à lui, une technique dérivée de la chimie. Objet d'une seconde édition en 1804, l'ouvrage de Berthollet resta longtemps le manuel des ouvriers en teinture. Il découvrit aussi le procédé du blanchiment des toiles par le chlore. La chimie industrielle lui doit enfin des études […]
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