Il « a été pour une certaine critique, ce que Proust fut pour le roman. Les deux hommes ont eu le même désir de coïncideravec un sentiment, un paysage et une œuvre... Du Bos, comme Proust, cherche — et trouve — l'essence. La critique ainsi conçue devient poésie et création » (André Maurois, Préface aux Approximations). Cette optique définit une œuvre critique indépendante de tout programme.
De mère anglaise, Du Bos fut tôt initié à deux littératures, ainsi qu'aux arts — il était passionné de peinture. À dix-sept ans, sa rencontre avec Bergson fut décisive, et la philosophie de l'intuition allait guider sa quête. Du Bos a exploré la littérature avec allégresse et enthousiasme ; il cherchait d'abord à comprendre et à communier ; sur la trace des mots, avec l'infinie délicatesse de l'amitié, il approchait du « jardin fermé », cernait « l'île intérieure », toujours aux aguets de « cette secrète vie spirituelle qui manifeste l'existence de l'âme ».
Qu'est-ce que la littérature ? (Paris, 1945) rassemble quatre conférences faites à Indiana en 1938 ; Du spirituel dans l'ordre littéraire, œuvre posthume parue à Paris en 1967, confirme auta […]
