Sur une partie de la côte orientale de l'actuel Vietnam, depuis la porte d'Annam, au nord, jusqu'à la latitude de Phan-thiêt, au sud, on a retrouvé les vestiges d'un ancien royaume « indianisé » : monuments en état de ruine avancée au moment de leur découverte (travaux de l'École française d'Extrême-Orient, menés dès la fin du xixe s.), sculptures et inscriptions lapidaires (celles-ci, le plus souvent brisées et déplacées). Ces inscriptions (et celles des royaumes voisins) appellent ce royaume Campā (nom féminin, prononcer « Tchampâ ») et ses habitants les Cāmpa. Par suite d'une « francisation » abusive, l'usage – auquel nous nous conformerons pour plus de commodité – s'est établi d'appeler ce pays « le Champa » et ses habitants « les Cham ».
La formation du Champa, comme celle de la plupart de royaumes anciens de l'Asie du Sud-Est, a bénéficié d'apports de l'Inde, venus s'ajouter et s'adapter à une […]

