Cesare Lombroso est né à Vérone en 1835. Sa famille, d'origine juive, a toujours vécu dans le nord de l'Italie. Lombroso a fait des études de médecine à Pavie puis à Padoue et Vienne, pour finalement revenir à Pavie où il a passé son doctorat en 1858. De 1863 à 1872, il a effectué une carrière hospitalière à Pavie, Pesaro et Reggio d'Emilia.
Il a enseigné la médecine légale et l'hygiène publique à l'université de Turin à partir de 1876, où il fut nommé professeur de psychiatrie en 1896, puis professeur d'anthropologie criminelle en 1906. Il est mort à Turin en 1909.
Sous l'influence des positivistes français et de la théorie évolutionniste de Darwin, il aboutit à la conclusion que la déviance et le crime sont des phénomènes biologiques. Pour lui, les caractères anatomiques et physiologiques du criminel permettent de le différencier nettement. Celui-ci est d'ailleurs considéré plutôt comme une survivance du « sauvage primitif » que comme un déviant social. Utilisant la méthode expérimentale pour recenser les caractères du criminel, dans son ouvrage L'Homme criminel (L'Uomo delinquente, 1876), Lombroso dresse une typologie et distingue cinq types : les criminels aliénés, les criminels d'habitude, les criminels d'occasion, les criminels par passion et les criminels-nés, auxquels il s'intéresse le plus.
Le positivisme extrême de son analyse est cependant nuancé, d'une part par la relativisation qu'il opère de ses découvertes, dans la mesure où sa typologie ne recouvre que 40 p. 100 des cas observés, et d'autre part par l'influence du milieu social qu'il est obligé de reconnaître (alcoolisme, misère).
De ses nombreuses publications, citons L'Homme de génie (L'Uomo di genio, 1888), publié en France chez Alcan en 1889, avec une Préface de Charles Richet, Nouvelles Recherches de psychiatrie et d'anthropologie criminelle (Alcan, Paris, 1892), Le Crime politique et les révolutions (Alcan, 1892), La Femme criminelle et la prostituée (Alcan, 1896), Le Crime : causes et remèdes (version française parue à Paris chez Schleicher, 1899).
Dans ce dernier ouvrage, Lombroso propose de remplacer les prisons, « le pire de tous les remèdes », par des institutions utilisant « le criminel au même degré que l'homme normal, au grand avantage de tous les deux ».
Par contre, dans L'Homme de génie, Lombroso s'intéresse à un autre type de déviant : le fou de génie. Fous et hommes de génie sont très proches, mais au fou manque cet « esprit de révision et de critique » qui seul peut faire d'une création originale une œuvre supérieure.
Annick OPINEL
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