Qu'elle passionne ou irrite, la personnalité de Catherine Breillat ne laisse pas indifférent. Sœur de l'actrice Marie-Hélène Breillat, elle est née à Bressuire (Deux-Sèvres) en 1947 et, après des études secondaires, écrit à dix-sept ans un premier roman, L'Homme facile, qui choque par sa perversité érotique. Catherine Breillat restera d'ailleurs très attachée à l'écriture, publiant sept romans et collaborant à de nombreux scénarios. Plutôt que cinéaste, elle préfère se dire « auteur ». Un premier film, réalisé avec peu de moyens en 1975, Une vraie jeune fille, reste inédit à la suite de la faillite du producteur (il ne sera montré qu'en 2000). Trois ans plus tard, Tapage nocturne (1979) divise fortement la critique. L'héroïne est cinéaste, et le film décrit crûment ses relations plus sexuelles que sentimentales avec de nombreux hommes et les rapports teintés de masochisme qu'elle entretient avec l'un d'eux. Film narcissique sur des personnages narcissiques, situé dans un milieu teinté de snobisme, dialogues très écrits pour une mise en scène hésitante, Tapage nocturne prend à rebours certains clichés féministes des années 1970 et heurte le public. Pendant près de dix ans, Catherine Breillat revient à l'écriture. Dans 36 fillette (1988), les contradictions du personnage féminin se retrouvent chez une adolescente de quatorze ans qui se laisse séduire par un quadragénaire, puis se refuse, le relance, pour céder finalement à un garçon plus jeune. Par sa crudité, son refus de faire de son personnage un représentant de l'adolescence contemporaine, cette œuvre est à l'opposé des poncifs que l'on trouve dans les films sur les premiers émois sexuels, de Diane Kurys à Michel Lang. Refusant l'attendrissement sentimental comme l'esthétisme nostalgique, 36 fillette évoquerait plutôt le Pialat de À nos amours, pour qui elle a d'ailleurs écrit, entre autres, le scénario original de Police (1985). Le heurt des deux personnalités mène à deux objets différents, le film de Pialat et un roman de Cathe […]
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