Les canyons sous-marins sont des vallées encaissées qui entaillent profondément – sur 1 000 à 1 500 mètres – les marges continentales, depuis le sommet de la pente (ou même parfois depuis le littoral) jusqu'au glacis, où le relief s'estompe rapidement. Leur ressemblance avec les cours fluviaux a très tôt fait naître de vives controverses quant à leur origine. Mais, depuis les années 1960, le développement technologique, en permettant d'accroître notre connaissance sur la morphologie et la structure des marges continentales, a fait perdre aux canyons leur caractère quelque peu mystérieux.
De formes et d'origines variées, ils ont joué (et jouent encore, pour certains d'entre eux) un rôle primordial dans l'alimentation en sédiments terrigènes des glacis (éventails sédimentaires profonds ou deep-sea fans, en particulier ; cf. deltas) et des plaines abyssales.
Très schématiquement, et exception faite pour les canyons méditerranéens, creusés en milieu aérien, on peut dire que les canyons furent tous creusés en domaine sous-marin par le jeu combiné, d'une part, des ravinements et des éboulements de parois, d'autre part, du creusement du lit par les courants de turbidité de haute densité ou par les écoulements de vase très fluide.
1. Historique
• Les recherches et les idées
La profondeur des fonds côtiers augmente brusquement quand une tête de canyon est proche du littoral. Les orthogonales de houle y deviennent divergentes ; le déferlement faiblit, ce qui permit très tôt aux navigateurs d'y trouver une relâche ou un abri. Les pêcheurs, pour les mêmes raisons mais plus encore pour la productivité marine résultant des upwellings fréquents ou permanents qui s'y forment, construisirent leur village à proximité : les « goufs » de Capbreton (Pays basque), de Nazaré (Portugal) et de Cayar (Sénégal) sont les plus connus. L'approfondissement brusque en ces points a parfois suggéré des noms évocateurs, comme Trou-sans-fond (Abidjan) ou Swatch-of-no-ground (Gange).
Dès la fin du xixe siècle fur […]
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