5. Courants marins et déplacements gravitaires
Toutes les observations résumées jusqu'à présent ont mis en relief l'importance du façonnement permanent des fonds et des versants par le jeu des courants et des remaniements gravitaires des sédiments ou des roches sédimentaires. De nombreuses études ont été faites au moyen de courantographes ancrés sur le fond, en particulier dans les canyons de La Jolla, par F. P. Shepard. Les enregistrements montrent que les courants sont alternativement dirigés vers l'amont ou vers l'aval. Ils sont en relation directe avec les mouvements de marée, mais avec des écarts de périodicité qui croissent avec la profondeur. Il est évident que ces courants, qui ne dépassent pas 10 centimètres par seconde, ne peuvent jouer un rôle dans le creusement des canyons ; ils peuvent tout au plus empêcher le dépôt des sédiments pélitiques. Des pointes de courants plus élevées ont été enregistrées à 200 ou 300 mètres de profondeur, corrélées soit à des ondes internes (courants alternés), soit à des ondes de tempête (courants descendants), mais l'influence de ces courants sporadiques reste difficile à estimer. C'est dans cette catégorie que l'on peut ranger les courants de turbidité faiblement chargés (quelques dizaines de milligrammes de sédiments par litre), dont la dynamique peut se comparer à celle des courants de densité. Leur passage a été enregistré à 1 000 mètres de profondeur dans le canyon du Var au moyen de courantographes placés à 1,5 m au-dessus du fond, l'absence de marées facilitant leur identification. Ils débutent par un accroissement quasi instantané de la vitesse jusqu'à 2 nœuds, suivi d'une diminution très irrégulière, échelonnée sur 6 heures environ. Leur relation avec les tempêtes et avec les crues du Var est évidente. Cette dynamique ressemble étroitement à celle des courants de turbidité expérimentaux réalisés en canal.
Les écoulements gravitaires de sédiments remaniés avec des quantités d'eau variables sont des processus bien identifiés, mais … ]
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