4. Observations en submersible
Succédant à des prises de vues photographiques par déclenchement automatique de caméras suspendues à un câble ou montées sur d'ingénieux traîneaux (telle la troïka de Jacques-Yves Cousteau), l'observation directe des fonds dans des submersibles, mieux adaptés que les bathyscaphes, a transformé le géologue marin en géologue de « terrain », en dépit, il est vrai, d'un champ de vision réduit, d'une autonomie de six à dix heures seulement et de possibilités d'échantillonnages limitées.
Les observateurs ont à nouveau comparé les lits des canyons à ceux de rivières torrentielles. Des événements exceptionnels, semblables à des crues, ont abandonné çà et là des masses de matériaux hétérogènes qui bossèlent le fond, ou encore d'épaisses barres de galets et de sables transversales ou longitudinales. Ils ont aussi creusé de profonds chenaux ou dispersé des blocs de taille plurimétrique. Les plongeurs ont noté également que des courants quasi permanents étaient capables non seulement de maintenir les fonds exempts de dépôts vaseux, mais aussi de lisser ou de strier les dépôts fins, de construire des réseaux de ripple marks parallèles ou rhomboïdaux, d'affouiller les fonds autour des blocs ou de déposer en aval des queues de comète sédimentaires. Toutes ces actions trahissent des vitesses de courants de plusieurs nœuds qui gênent considérablement ou éliminent l'endofaune (vers), si abondante généralement dans les zones calmes. L'analogie avec les cours d'eau à crues fréquentes se remarque aussi par les rives de marnes ou de grès tendres, taillées en falaises ou même en encorbellements, et par l'érosion différentielle et le polissage des bancs d'inégale dureté. On note cependant avec étonnement qu'à une exception près les plongeurs n'ont jamais observé de courants susceptibles de gêner les déplacements des submersibles (soit environ 1 nœud). Cette absence prolongée de courant pourrait expliquer sans doute la présence d'une fine pellicule de vase sur les blocs rocheux.
L'observation directe […]
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