Au début du xe siècle, cela fait bientôt deux siècles que les émirs omeyyades de Cordoue dirigent les destinées d'al-Andalus, de manière totalement indépendante, sans avoir prétendu eux-mêmes au titre de calife, que porte seul le souverain abbasside de Bagdad. Plusieurs événements vont modifier cette situation : à l'extérieur, la proclamation à Kairouan, en 910, du califat fatimide, dont la proximité et les prétentions universelles menacent le pouvoir omeyyade d'al-Andalus, et dont l'expansion au Maghreb occidental met en péril l'approvisionnement en or de l'émirat de Cordoue ; à l'intérieur, la reddition de Bobastro (928), le centre de la résistance du célèbre Ibn Hafsūn qui, depuis le milieu du viiie siècle, a lancé une vaste rébellion qui a fragilisé pendant plusieurs décennies le pouvoir des maîtres de Cordoue. Cette nouvelle donne conduit le souverain omeyyade, ‘Abd al-Rahmān III (912-961) à « restaurer » à son profit le titre de calife, que ses ancêtres ont détenu à Damas jusqu'en 750 et qu'ils ont perdu à la suite du coup d'État abbasside. La Grande Mosquée de Cordoue
est agrandie, la ville palatiale de Madīnat al-Zahrā’ est fondée dans les faubourgs et une véritable cour se développe. Un art califal typiquement andalusī éclôt dans de multiples domaines : architecture, littérature, ivoire, céramique.
Photographie
Grande Mosquée de Cordoue Colonnes et piliers superposés, arcades doubles à claveaux bichromes caractérisent la salle de prière de la Grande Mosquée de Cordoue, fondée en 785-786 par 'Abd al-Rahman Ier et agrandie au IXe siècle par 'Abd al-Rahman II.
Crédits: Oliver Benn, Tony Stone Images Consulter
Pascal BURESI
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