Homme politique turc, Bülent Ecevit est aussi poète et critique d'art. Taxé de rêveur par ses adversaires, il se révèle être un redoutable tacticien. Il écrit des poèmes exaltant l'amitié gréco-turque, mais n'hésite pas à envoyer ses armées envahir la moitié de Chypre et à risquer une guerre avec la Grèce. Les multiples facettes de sa riche personnalité lui ont acquis en quelques années une réputation internationale plutôt flatteuse.
Originaire de la moyenne bourgeoisie stambouliote, il naît et grandit dans un milieu intellectuel proche de la politique. Son père est médecin et député, sa mère est peintre. Il fait ses études au Robert College, vieille et solide institution américaine d'Istanbul, puis suit des cours de littérature anglaise à l'université d'Ankara. De 1946 à 1950, il séjourne comme attaché de presse à l'ambassade de Turquie à Londres. Il y fréquente l'aile gauche du Labour Party et le groupe du New Statesman. En 1957, il suit des cours à l'université Harvard, aux États-Unis, où il fait la connaissance de Henry Kissinger.
Chroniqueur politique à Ulus, quotidien du Parti républicain du peuple (C.H.P.), il est remarqué par le leader de cette forma […]
