Homme politique turc, Bülent Ecevit est aussi poète et critique d'art. Taxé de rêveur par ses adversaires, il se révèle être un redoutable tacticien. Il écrit des poèmes exaltant l'amitié gréco-turque, mais n'hésite pas à envoyer ses armées envahir la moitié de Chypre et à risquer une guerre avec la Grèce. Les multiples facettes de sa riche personnalité lui ont acquis en quelques années une réputation internationale plutôt flatteuse.
Originaire de la moyenne bourgeoisie stambouliote, il naît et grandit dans un milieu intellectuel proche de la politique. Son père est médecin et député, sa mère est peintre. Il fait ses études au Robert College, vieille et solide institution américaine d'Istanbul, puis suit des cours de littérature anglaise à l'université d'Ankara. De 1946 à 1950, il séjourne comme attaché de presse à l'ambassade de Turquie à Londres. Il y fréquente l'aile gauche du Labour Party et le groupe du New Statesman. En 1957, il suit des cours à l'université Harvard, aux États-Unis, où il fait la connaissance de Henry Kissinger.
Chroniqueur politique à Ulus, quotidien du Parti républicain du peuple (C.H.P.), il est remarqué par le leader de cette formation, Ismet Inönü, et élu député en 1957. Ainsi débute une étroite collaboration entre le prestigieux compagnon d'Atatürk et le jeune journaliste ; elle prendra fin en 1972 par un affrontement qui se termine par la victoire du disciple sur le maître.
Ecevit participe dès 1959 à la direction du C.H.P. Entre 1961 et 1965, il est ministre du Travail dans les trois gouvernements de coalition dirigés par Inönü, et il réussit à faire adopter une série de lois en faveur des travailleurs dans un pays où les droits syndicaux les plus élémentaires sont ignorés. Il est également actif dans l'appareil du C.H.P., dont il est élu secrétaire général en 1966, à un moment où ce parti commence à subir une timide évolution vers le centre gauche. Sous son impulsion, cette tendance vers la social-démocratie s'accentue. Ecevit renouvelle […]
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