Avec la Constitution de 1988, le Brésil a mis un terme à la transition vers la démocratie amorcée à la fin du régime autoritaire (1964-1985). Depuis lors, des crises politiques et des amendements à la Constitution ont encore fait évoluer le cadre institutionnel. La destitution du président Fernando Collor de Mello, votée par le Congrès en 1992, a donné plus de pouvoir aux commissions législatives d'enquête, alors que l'amendement sur la réélection du président de la République, des gouverneurs et des maires, voté en 1998, offre une nouvelle opportunité aux titulaires des postes exécutifs de reconduire leur programme de gouvernement pour un second mandat. Ces mouvements parallèles, et parfois contradictoires, illustrent la difficile gestion gouvernementale dans un régime qui combine le présidentialisme avec le multipartisme, rendant instables les rapports entre le Congrès et la présidence de la République. Malgré ces contraintes, deux chefs d'État successifs, Fernando Henrique Cardoso (1995-2002) et Luiz Inácio Lula da Silva (2003-2006), ont mis en œuvre des réformes sociales et une diplomatie brésilienne de plus grande envergure.
Par ailleurs, l'urbanisation du pays s'est poursuivie, même si les migrations rurales se sont ralenties. En 1960, 45 p. 100 de la population du pays vivait dans les villes, en 1980 c'était 68 p. 100, et en 2000, 81 p. 100, en 2010, 84 p. 100. De 2000 à 2010, la population est passée de 171 à 191 millions d'habitants. Cette croissance s'est caractérisée par l'augmentation de la pauvreté urbaine, expliquant l'extension des bidonvilles et de l'insécurité dans les grandes villes. À elle seule, la ville de São Paulo contient 1,5 million de familles mal logées. Dans ces milieux défavorisés, les églises évangéliques progressent ; elles regroupaient déjà 15 p. 100 des croyants en 2000 – même si le catholicisme demeure la religion dominante avec 74 p. 100 des croyants. Les résultats préliminaires du recensement de 2010 montrent une forte croissance des évangéliques. Parallèlement, il apparaît que les inégalités sociales continuen […]
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