4. Conservation et gestion de la biodiversité
La prise de conscience par la communauté scientifique de cette crise d'érosion massive de la biodiversité a suscité l'émergence d'une nouvelle discipline au début des années 1980, la biologie de la conservation. Toutefois, les préoccupations relatives à la protection de la nature furent bien antérieures : le premier parc dit national voit le jour en 1872 aux États-Unis (parc de Yellowstone) ; l'Union internationale pour la protection de la nature (U.I.P.N. devenue depuis U.I.C.N., Union internationale pour la conservation de la nature) est constituée en 1948 et, en France, la loi sur les parcs nationaux est votée en 1960, suivie de la création du parc national de la Vanoise en 1963. Progressivement les idées évoluent, dans l'esprit que préconisera, au début des années 1990, la Convention sur la diversité biologique.
Cela conduit à la publication, dès 1982, de la Stratégie mondiale de la conservation, devenue Stratégie mondiale pour la biodiversité en 1992, qui souligne le besoin de sauvegarder le fonctionnement des processus écologiques tout en prêtant attention aux exigences de développement. Le saut majeur exprimé par ce texte, relativement à la philosophie dominante dans les milieux dédiés à la protection de la nature avant Rio, réside dans le fait que la conservation de la biodiversité ne se réduit pas à la protection des espèces sauvages dans des réserves naturelles mais consiste aussi, et principalement, à sauvegarder les grands écosystèmes de la planète appréhendés comme la base même et le support de notre développement.
Certes, la même idée était déjà à l'origine du concept de réserve de biosphère et du programme Man and Biosphere (M.A.B.) de l'U.N.E.S.C.O. Concernant explicitement les relations entre les sociétés humaines et la biosphère, ce dernier s'inscrivait clairement dans une perspective d'écodéveloppement, dès son lancement en 1971. Pour des raisons variées, qu'il serait trop long d'analyser ici, la relance apportée par la
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