Au cours des années 1930, les grands protagonistes du Bauhaus et du mouvement De Stijl sont à Londres. Gropius y arrive en 1934, Moholy-Nagy et Naum Gabo en 1935, Mondrian en 1938. Au même moment, le surréalisme fait son entrée officielle en Angleterre lors de la grande exposition de 1936 à Londres. Très rapidement surgissent alors toutes sortes de mouvements culturels qui imposent une direction précise à la peinture anglaise moderne.
Ce milieu culturel marquera la production artistique de Francis Bacon : ses premières activités de « designer » et de décorateur se rattachent aux présupposés doctrinaux d'un milieu fortement influencé par l'esthétique du Bauhaus, et le surréalisme apparaît comme une composante culturelle essentielle de son œuvre picturale.
1. La situation artistique à Londres
Né à Dublin en 1909, Bacon grandit dans un milieu isolé et provincial, à Cheltenham, en Irlande. Ses débuts se déroulent hors de toute routine. Il s'adonnera d'abord à la décoration d'intérieur à Berlin et à Paris ; de retour à Londres, en 1929, il se fera rapidement priser comme « designer » de mobilier. Sa production picturale fut d'abord épisodique, et c'est seulement à partir de 1946 qu'il peindra régulièrement. Bien qu'elle ne s'inscrive pas dans un groupe déterminé, la production de Bacon se rattache au milieu culturel formé par les représentants de la tendance post-cubiste.
L'exposition de 1936 à Londres regroupait, autour des grands noms du surréalisme continental, une trentaine d'artistes insulaires affiliés au mouvement qui s'était affirmé avec une extrême rapidité en Grande-Bretagne. De nombreux artistes qui avaient travaillé dans le sens de l'abstraction se révéleront influencés par le mouvement surréaliste entre 1936 et 1944.
Mais si le surréalisme apparaît comme un élément essentiel de l'œuvre de Bacon, c'est par un rapprochement des motivations puisque Bacon n'a pas officiellement participé au mouvement ni à aucune manifestation du groupe.
2. L'influence du post-cubisme
C'est à la suite d'une expositi […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



