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BLANQUI AUGUSTE (1805-1881)

Fils d'un conventionnel régicide devenu sous-préfet sous le premier Empire, Auguste Blanqui est élevé à Paris à l'institution Massin où enseignait son frère aîné Adolphe (futur économiste libéral). Dès 1824, il adhère à la charbonnerie ; il est blessé en 1827 dans des manifestations d'étudiants au quartier Latin. En 1829, il entre au journal Le Globe comme sténographe, mais sa vie est désormais partagée entre les conspirations et les emprisonnements. Il combat le régime de Charles X, en juillet 1830, les armes à la main ; étudiant en droit, il participe au Comité des écoles qui, en janvier 1831, manifeste contre le régime de Juillet. Arrêté une première fois, il est à nouveau condamné en 1832, au moment du procès des « quinze », comme membre de la Société des amis du peuple, dissoute. Il devait désormais passer une grande partie de sa vie en prison, ce qui explique le nom donné à l'une de ses premières biographies, L'Enfermé, écrite par Gustave Geffroy.

Ses réflexions et les relations qu'il noue avec Buonarroti, qui lui transmet la tradition babouviste, en font désormais un représentant du communisme utopique, attaché par ses idées et son action à l'action révolutionnaire pour la prise du pouvoir et la transformation de la société, soucieux aussi d'éduquer le peuple. Il est arrêté en 1836 comme dirigeant de la Société des familles qu'avait fondée Barbès, et condamné à deux ans de prison pour fabrication d'explosifs. Gracié par l'amnistie de 1837, il milite dans la Société des saisons, et prépare l'insurrection du 12 mai 1839 à Paris ; celle-ci échoue, Blanqui s'enfuit, mais, arrêté en octobre, il est condamné à mort en janvier 1840. Sa peine est commuée en réclusion à vie. Il est interné au Mont-Saint-Michel puis à la prison et à l'hôpital de Tours et gracié en 1844.

Arrivé à Paris le 25 février 1848, Blanqui fonde la Société républicaine centrale, réclame l'ajournement des élections en organisant les manifestations du 17 mars et du 16 avril. Arrêté après l'émeute du 15 mai, condamné à dix ans de prison, il milite à nouveau contre le second Empire en regroupant des étudiants et des ouvriers ; emprisonné, il s'évade et se réfugie en Belgique vers 1865. Après la chute de Napoléon III, il lance à Paris un journal, La Patrie en danger, et participe, contre le gouvernement de la Défense nationale, aux émeutes du 31 octobre 1870 et du 22 janvier 1871, ce qui lui vaut d'être arrêté le 17 mars et de ne pouvoir participer à la Commune, dans laquelle les blanquistes joueront un rôle important. Condamné à la déportation, il est interné à Clairvaux en raison de son âge. Élu à Bordeaux en avril 1879, il est invalidé, mais gracié et libéré en juin. En 1880, il lance un journal, Ni Dieu ni maître, qu'il dirige jusqu'à sa mort. Sa principale publication, Critique sociale (1885), est posthume.

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