Parmi les grands chefs d'orchestre qui ont assuré la transition entre le xixe et le xxe siècle, Arthur Nikisch est l'un des rares dont il soit encore possible d'apprécier les qualités car, à la veille de la Première Guerre mondiale, il a signé quelques enregistrements qui nous révèlent un musicien passionné, instinctif et méticuleux. La beauté du son était l'élément primordial de ses interprétations et il l'obtenait de façon irrationnelle, ne sachant souvent pas lui-même comment il y parvenait. Sa gestique est restée célèbre et elle devait certainement évoquer quelque chose de concret pour les instrumentistes qui jouaient sous sa baguette comme avec nul autre chef.
Arthur Nikisch naît le 12 octobre 1855 à Lébényi Szent Miklos, en Hongrie. Il fait ses études musicales au conservatoire de Vienne où il travaille le violon avec Hellmesberger, la composition avec Dessoff et le piano avec Schenner. Dès 1873, il fait partie de l'orchestre de la Cour où il joue sous les plus prestigieuses baguettes ; il participe également au concert inaugural du festival de Bayreuth en jouant la Neuvième Symphonie de Beethoven sous la direction de […]
