2. Aux racines du jazz
Le quintette devient la formation emblématique du hard-bop, qui, tout en conservant certains acquis du be-bop, renoue avec les racines noires du jazz en intégrant des éléments empruntés au blues et au gospel. Dans le monde entier, les Jazz Messengers font triompher un swing simple et généreux, un jazz immédiatement chaleureux et spectaculaire qui ne renie pas d'évidentes attaches avec la danse. Au fil des ans se succéderont à la trompette Bill Hardman, Lee Morgan et Freddie Hubbard, au saxophone Jackie McLean, Johnny Griffin, Benny Golson, Hank Mobley, Wayne Shorter et John Gilmore, au piano Sam Dockery, Spanky De Brest, Junior Mance, Bobby Timmons, Walter Davis, Cedar Walton et Keith Jarrett. Le quintette sait même à l'occasion se transformer en sextette pour accueillir invités de marque ou jeunes talents – notamment les trompettistes Chuck Mangione, Woody Shaw, Wynton Marsalis, Terence Blanchard ou Wallace Roney –, que l'infatigable Art Blakey ne manque pas d'aller découvrir. Avec des succès comme Moanin' (1958) ou Ugetsu (1963), les Jazz Messengers gagnent très vite une vaste popularité qui durera jusqu'à la fin des années 1960.
En 1959, Art Blakey participe à deux films français, Des femmes disparaissent d'Édouard Molinaro (dont il compose la bande originale), et Les Liaisons dangereuses de Roger Vadim (interprétant le rôle d’un musicien, au côté de Kenny Clarke !). Pour leur célèbre émission « Pour ceux qui aiment le jazz », Frank Ténot et Daniel Filipacchi choisissent comme indicatif cette tonitruante Blues March (composée par Benny Golson), que les Messengers viennent d'enregistrer en public au Club Saint-Germain (21 décembre 1958). La permanence discrète du grand batteur, la solidité de son assise rythmique, la souplesse de sa direction ont donné aux Jazz Messengers une exceptionnelle longévité tout en préservant à la fois la liberté des solistes et l'évolution en douceur d'un style très caractéristique. Art Blakey meurt à New York le 16 octobre 1 […]
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