Avocat protestant dauphinois, Barnave est avec Mounier un des leaders de la « révolution » dauphinoise de 1788 et, après Mirabeau, le meilleur orateur des États généraux et de la Constituante en raison de ses connaissances étendues et de la vigueur de son argumentation. Un des fondateurs de la Société des amis de la Constitution et de la liberté, qui deviendra le club des Jacobins, il constitue, avec Duport et Alexandre Lameth, le triumvirat qui, peu à peu, prend la tête du parti patriote, s'oppose aux ministres et rivalise d'influence avec La Fayette et Mirabeau. Président de la Constituante, en octobre 1790, sa popularité est alors à son apogée. Elle ne tarde pas à décliner parmi les démocrates, car Barnave est opposé au suffrage universel et à l'émancipation des esclaves aux colonies (sans doute parce que les Lameth avaient des intérêts dans les plantations), ce qui lui attire l'hostilité des Amis des Noirs (Brissot, Robespierre, Grégoire). De plus en plus effrayé par la tournure prise par les événements de la Révolution, le triumvirat entend, à la mort de Mirabeau, le remplacer comme conseiller de la cour. En avril 1791, avec l'argent de la liste civile, Barnave et ses amis […]
