2. Évolution des Ammonoïdés
Pour expliquer l'origine des Ammonoïdés (à partir des Nautiloïdés), les paléontologistes proposent deux théories incompatibles. Ou bien les Ammonoïdés dériveraient d'un groupe de Nautiloïdés (Silurien) à siphon médian mais à coquille involute, ou bien l'évolution aurait eu pour point de départ un groupe très particulier, les Bactritidés (Dévonien inférieur), dont la coquille est rectiligne avec siphon marginal (ventral).
Quoi qu'il en soit, les premiers Ammonoïdés apparaissent au Dévonien inférieur avec des formes à siphon ventral et à suture simple. Ces animaux prennent une grande importance numérique au Carbonifère. Ils constituent l'ordre des Goniatitida, où apparaissent bientôt des types de suture plus complexes. En même temps, mais exclusivement au Dévonien, les Clymeniida envahissent les mers : ils ont une suture tu type « goniatite », mais le siphon est dorsal, c'est-à-dire à l'intérieur.
Dès le Carbonifère inférieur, un groupe de Goniatites qui constituent le sous-ordre des Prolécanitines prend une importance phylogénétique toute particulière. En effet, les formes permiennes présentent une suture de type « cératite ». On s'accorde à penser que c'est à partir de ce groupe paléozoïque qu'ont évolué les Ceratitida. Une véritable explosion adaptative caractérise ce groupe au Trias (cette époque est souvent appelée l'âge des Cératites).
Brutalement, à la limite du Trias et du Jurassique (Rhétien), les Cératites disparaissent. Une seule famille subsiste, les Monophyllitidés à suture de type « ammonite ». Un groupe semble émerger de cette famille, ce sont les Phylloceratina, dont la suture est incontestablement ammonitique, tandis qu'un peu plus tard un autre ensemble évolue à partir de ce dernier groupe : les Lytoceratina. Ces deux sous-ordres vont donner naissance, pendant tout le Jurassique et le Crétacé, aux différentes familles qui forment le sous-ordre des Ammonitina (Ammonites vraies). Ces émissions successives de formes à partir des deux stocks princip […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



