Comme pour tout mouvement social, la dénomination du mouvement « altermondialiste » est l'enjeu, en son sein et à l'extérieur, de luttes symboliques ayant pour objet le sens à lui donner. Elle fait par conséquent l'objet de discussions et de variations d'un pays et d'un groupe à l'autre, mais aussi dans le temps pourtant court de son histoire.
À la date fondatrice de la protestation du sommet de l'Organisation mondiale du commerce (O.M.C.) à Seattle en décembre 1999, l'expression « mobilisation contre la mondialisation néo-libérale », avec ses déclinaisons nationales (« antimondialisation » en France, « no-global » en Italie par exemple), est la plus usitée : les 1 200 groupes qui s'y rassemblent ont trouvé comme dénominateur commun, chacun dans leur spécialité (écologiste, humanitaire, droits de l'homme, etc.), la dénonciation des effets humains, sociaux et environnementaux de la mondialisation des flux économiques et financiers. L'expression a en effet le mérite de rendre compte de la réalité du mouvement dans sa phase d'éclosion : on a alors affaire à un regroupement hétéroclite de causes le plus souvent anciennes (les associations ayant précisément pour objet de lutter contre cette mondialisation comme Attac sont minoritaires et de création récente) qui s'associent le temps d'une mobilisation pour exiger un coup d'arrêt à la libéralisation du commerce et une réforme de l'O.M.C.
1. Naissance du mouvement antimondialisation
Les manifestants réunis à Seattle au moment où s'ouvrait l'assemblée générale de l'Organisation mondiale du commerce, l'O.M.C., en novembre 1999, ont entamé un cycle de mobilisation qui se développe sur toute la planète. Depuis lors, il n'est plus de sommet ou de conférence internationale d'importance – F.M.I., G8, G20, sommet européen, forum de Davos, etc. –, qui ne soit accompagné de manifestations et de conférences parallèles.
Il y avait bien eu quelques signes avant-coureurs : l'ampleur, en Grande-Bretagne puis dans de nombreux autres pays, de l […]
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