La réunification économique interallemande de 1990 est-elle un échec, un semi-échec ou une réussite ? Quel bilan économique tirer après plus de vingt années d'efforts pour intégrer l'ex-R.D.A. dans la compétition mondiale ? L'Allemagne a-t-elle digéré ces efforts et est-elle en mesure de maintenir, voire d'accroître, ses positions alors que la croissance mondiale est de plus en plus déterminée par le poids croissant des économies émergentes ? Et à quel prix pour la cohésion sociale du pays ? Voilà quelques questions auxquelles est confrontée l'économie allemande contemporaine.
1. Les deux républiques allemandes avant 1989
Lorsque le Mur de Berlin s'effondre, la république fédérale d'Allemagne (R.F.A.) à l'Ouest est une économie de marché avancée et prospère. Elle dispose de nombreuses P.M.E.-P.M.I. et de grands groupes internationaux dont les produits et processus de fabrication sont soumis à une vive concurrence sur le marché mondial. Ces entreprises doivent en permanence s'adapter, se restructurer ou disparaître. Quarante ans d'une compétition intense leur ont permis d'accumuler un haut degré de savoir-faire.
La libre compétition est considérée en R.F.A. comme la meilleure garantie du progrès social. Le rôle de l'État se limite à la correction d'inévitables erreurs ou insuffisances des forces du marché. La concrétisation du système, non définie par avance, se manifeste dans le cadre d'un processus de découverte, toujours en devenir, qui obéit à la devise « autant de marché que possible, autant d'État que nécessaire ».
Quant à la République démocratique allemande (R.D.A.), elle éprouve durant les années 1980 de grandes difficultés pour maintenir en marche son économie planifiée. Durant quatre décennies de dictature communiste, les initiatives individuelles sont bridées par une économie administrée au sein de laquelle le plan décide de l'allocation des ressources, du programme de production, des techniques employées et des circuits de distribution, au niveau national comme […]
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