Publié en 1952, Les Cerises de la liberté d'Alfred Andersch compte parmi les trois chefs-d'œuvre de la littérature allemande de l'immédiat après-guerre, avec Jan Lobel de Varsovie de Luise Rinser et Le train était à l'heure de Heinrich Böll. Trois chefs-d'œuvre qui sont trois moments de la conscience d'un peuple, trois signes d'une renaissance au lendemain du désastre : comme si la désertion d'un soldat de la Wehrmacht, le passage d'un juif traqué dans une famille innocente, le rendez-vous avec la mort d'un homme et d'une femme qui, dans leur détresse, donnent une signification à leur destin constituaient les seuls événements pouvant éclairer l'histoire et rendre justice aux vivants et aux disparus.
Les auteurs de ces récits avaient été des témoins ; après la guerre, dans l'Allemagne du miracle économique, ils eurent encore en commun le fait de déplaire aux pouvoirs. Heinrich Böll fut calomnié et persécuté ; Luise Rinser, soumise au même traitement, quitta l'Allemagne fédérale et s'installa en Italie ; Alfred And […]


