Frère de Maurice Sarraut, directeur de La Dépêche de Toulouse, avocat, député de l'Aude de 1902 à 1924, puis sénateur de 1926 à 1940. Radical-socialiste, il débute sous Sarrien. En 1907, il démissionne du cabinet Clemenceau, où il était sous-secrétaire d'État à l'Intérieur, par solidarité avec les viticulteurs du Midi en grève. Spécialiste des questions d'outre-mer, il est gouverneur général de l'Indochine, de 1911 à 1914 et de 1916 à 1919, et se fait remarquer pour son administration libérale. Il sera plusieurs fois ministre des Colonies, de 1920 à 1924, puis en 1932. Avec Poincaré, il devient ministre de l'Intérieur de 1926 à 1928. Ayant assuré sa première présidence du Conseil en octobre et novembre 1933, il redevient ministre de l'Intérieur du cabinet d'Union nationale de Doumergue (1934), mais démissionne après l'assassinat d'Alexandre Ier de Yougoslavie et de Barthou à Marseille le 9 octobre. Le 24 janvier 1936, revenu à la tête du gouvernement, il fait ratifier le traité d'assistance mutuelle franco-soviétique dont Hitler prend prétexte pour réoccuper la Rhénanie, sans que le gouvernement français soit en mesure de réagir. À l'intérieur, il dissout les ligues d'extrême droite. Il démissionne au lendemain du succès du Front populaire. Albert Sarraut fait encore partie de divers gouvernements qui se succèdent jusqu'à la fin de la IIIe République. Dans le cabinet Reynaud de 1940, il occupe le poste de ministre de l'Éducation nationale jusqu'au 5 juin. En 1944, il est arrêté par les Allemands et déporté jusqu'en 1945. En 1947, il est membre de l'Assemblée de l'Union française dont il exerce la présidence de 1949 à 1958.
Armel MARIN
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