Smyrna (Myrrha) ayant conçu par tromperie Adonis (Adônis) de son père Théias, roi de Syrie, les dieux la font échapper à la colère paternelle en la changeant en arbuste. Adonis est recueilli par Aphrodite (la phénicienne Ashtart, Astarté), mais il est élevé par Perséphone. Il est blessé mortellement par un sanglier suscité par la colère ou la jalousie d'Artémis. Sa mort tragique qui l'enlève à l'amour de sa maîtresse, Aphrodite, invite encore à la compassion ; les affinités qu'il semble offrir avec le monde végétal entier suggèrent toujours de voir dans ce bel adolescent, venu d'Orient, un de ces esprits de la végétation, inventés au xixe siècle, par Mannhardt et Frazer. Cependant, le mythe d'Adonis et de Myrrha est d'abord une histoire de séduction et le rituel des adonies met en scène un jardinage dérisoire dont les produits sont nettement marqués par la stérilité. Dans le mythe, la séduction est double : celle qu'une fille, Myrrha, exerce sur son père, en châtiment du mépris qu'elle a montré à l'égard d'Aphrodite et du mariage ; celle aussi qu'exerce dès son apparition le fils de Myrrha, né d'une mère transformée en arbre à myrrhe. La beauté d'Adonis attir […]
