Selon le Livre de la Genèse, Abel, le berger, était le second fils d'Adam et d'Ève. Il fut tué par son aîné, Caïn, l'agriculteur, son sacrifice ayant été agréé par Dieu et celui de son frère refusé (iv, 1-9). Il semble qu'il ne faille plus retenir l'explication courante selon laquelle cette histoire se référerait à un conflit récurrent entre sédentaires et nomades, avec une préférence pour les seconds. La tradition biblique la plus ancienne met l'accent, en effet, sur le travail de la terre et sur ses qualités (Gen., ii, 15, etc.). En fait, le récit est tronqué et incomplet ; il faut voir sa signification dans le mouvement qui l'intègre dans un ensemble littéraire plus vaste.
L'étymologie du nom d'Abel est peu certaine. Il peut y avoir un lien avec hevel, « souffle », « vapeur », « vanité », ce qui soulignerait une symbolisation de la vie particulièrement brève et tragique du personnage (cf. « Vanité — hevel — des vanités... », Éccl., i, 2). On peut établir aussi une relation avec l'akkadien aplu ou ablu, « fils », en parallèle avec l'emploi des mots Adam (« humanité ») et Enoch (« homme »).</ […]
