La dernière épître du corpus paulinien, qui, étant donné sa longueur, y est mise à part. Si les Églises d'Orient ont toujours attribuée à Paul l'épître aux Hébreux (Clément d'Alexandrie y voyait cependant l'adaptation grecque d'un original hébraïque et Origène l'œuvre d'un disciple de Paul), l'Occident chrétien, qui l'a citée très tôt (Clément de Rome) sans nom d'auteur, l'a regardée comme non canonique jusqu'au milieu du ive siècle. C'est sous l'influence orientale qu'elle est entrée dans le canon entre 300 et 400.
Les difficultés internes ne manquent pas non plus pour l'attribution de cette épître à Paul. Contrairement aux habitudes pauliniennes, les développements doctrinaux et moraux s'y entremêlent fréquemment.
La personnalité de l'auteur n'apparaît pas dans l'adresse. Le vocabulaire y est assez particulier (168 hapax néotestamentaires). Selon ii, 3, il semble que l'auteur ne soit pas un des apôtres mais un de leurs disciples. Contrairement aux habitudes de Paul, cette épître cite généralement et très fidèlement la version des Septante. Mais surtout, bien qu'elle contienne beaucoup d'idées pauliniennes (le Christ médiateur de la Créa […]
