Les cryptes de l'ancienne abbaye bénédictine de Jouarre, au sud de La Ferté-sous-Jouarre, demeurent un des témoignages les plus émouvants de l'architecture mérovingienne en France. Le futur saint Adon avait fondé à cet emplacement, entre 630 et 637, un monastère d'hommes qui fut transformé par sainte Théodechilde en monastère de femmes. Ce monastère comprenait trois églises disposées sans plan organique : Notre-Dame, l'abbatiale, Saint-Pierre, qui devait devenir l'église des moines, et Saint-Paul, la basilique funéraire, dont il ne subsiste plus aujourd'hui que les cryptes. Angilbert (ou Agilbert), frère de Théodechilde et évêque de Paris, avait fait édifier de son vivant un caveau funéraire pour y abriter sa propre tombe, à l'est de l'église funéraire. Au viiie siècle, ce petit édifice allait être transformé en lieu de culte et fut profondément modifié : la salle rectangulaire construite par Angilbert, divisée à l'intérieur en neuf travées par six colonnes remployées, surmontées de chapiteaux de marbre, fut pourvue à l'ouest d'un mur au décor réticulé, qui évoque celui de la Torhalle de Lorsch, et dotée d'un accès par un souterrain qui passait sous l'église […]
