6-23 février 2023

Syrie - Turquie. Séisme meurtrier

Le 6, un violent séisme de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter frappe le district turc de Pazarcik, situé sur la faille sismique est-anatolienne, au nord de la ville de Gaziantep et à une soixantaine de kilomètres de la frontière avec la Syrie. Des dizaines de répliques lui succèdent, dont une de magnitude quasiment équivalente quelques heures plus tard. Côté syrien, la province enclavée d’Idlib – contrôlée par le groupe rebelle islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTC) – est particulièrement touchée, ainsi que les villes d’Alep, de Hama, de Tartous et de Lattaquié. Les secousses provoquent dans les deux pays d’immenses dégâts et des milliers de morts, et laissent des milliers d’autres personnes sans abri ni assistance. Le séisme survient alors que la Syrie traverse une grave crise humanitaire. En outre, l’ensemble de la région connaît un hiver rigoureux. À la fin du mois, le bilan humain du séisme s’établira à plus de cinquante mille morts, dont quelque six mille en Syrie.

Le 8, le président turc Recep Tayyip Erdogan se rend à Kahramanmaraş, ville proche de l’épicentre du séisme où il tente de répondre aux critiques dont il est l’objet, notamment sur les réseaux sociaux, en raison de la lenteur des secours. Dans une vidéo publiée sur Twitter, Kemal Kiliçdaroglu, président du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation d’opposition, et candidat à l’élection présidentielle de mai, accuse le chef de l’État de n’avoir pas su préparer le pays à la catastrophe. Il met également en cause la qualité des constructions qui se sont effondrées, alors que les plus grandes entreprises du secteur sont liées au gouvernement. Dans les heures qui suivent, le réseau Internet est coupé dans le pays.

Le 10, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui combat le régime d’Ankara, annonce la suspension de ses opérations en Turquie. La région frappée par le séisme abrite une importante communauté kurde.

Le 10 et les jours suivants, en Turquie, une quarantaine de promoteurs et maîtres d’ouvrage accusés d’avoir enfreint les normes antisismiques sont interpellés et des enquêtes à ce sujet sont diligentées dans les dix provinces touchées par le séisme.

Le 11, alors que l’aide internationale bénéficie essentiellement aux régions turques frappées par le séisme, les États-Unis annoncent un allègement partiel, pour six mois, des sanctions à l’encontre de la Syrie. Seuls les alliés arabes de Damas, ainsi que l’Iran et la Russie ont jusque-là fourni de l’aide aux sinistrés syriens.

Le 13, l’ONU et la Syrie conviennent de l’ouverture de deux points de passage supplémentaires à la frontière avec la Turquie. Depuis juillet 2020, un seul était ouvert aux opérations humanitaires onusiennes vers le nord-ouest de la Syrie aux mains des rebelles. Les convois d’aide vers Idlib, en provenance de Damas, sont bloqués par les rebelles islamistes qui contrôlent la région.

Le 14, l’Arabie Saoudite, principal soutien de l’opposition au régime de Bachar al-Assad, envoie un premier avion d’aide à la Syrie.

Le 23, l’Union européenne annonce à son tour un allègement temporaire et partiel de ses sanctions à l’encontre de la Syrie afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire.

— Universalis

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