4-7 juin 2009Union européenne. Élections européennes

 

Du 4 au 7 se déroulent les élections européennes dans les vingt-sept pays membres de l'Union. Le taux d'abstention est plus important qu'au scrutin précédent; il atteint 56,9 p. 100 en moyenne (et plus de 70 p. 100 dans les pays entrés dans l'Union européenne [U.E.] en 2004 et 2007). À l'issue des élections, le Parti populaire européen l'emporte largement (265 sièges) sur l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates, anciennement Parti socialiste européen (184 élus); la droite et le centre droit dominent donc le Parlement européen, qui passe de 732 à 736 membres.

Le 4, les Britanniques et les Néerlandais désignent leurs députés européens.

– Royaume-Uni, 72 sièges. Les travaillistes, au pouvoir, réalisent leur plus mauvais score –tout type de scrutin confondu – depuis 1918; ils comptent seulement 13 députés. Les conservateurs, en très légère baisse, obtiennent 25 sièges, le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni – anti-européen – 13 sièges et les libéraux 11. Les Verts conservent 2 députés et le Parti national britannique – xénophobe – ainsi que les nationalistes écossais ont 2 élus. Les nationalistes gallois remportent 1 siège. En Irlande du Nord, les unionistes protestants du D.U.P. et de l'U.U.P. remportent 1 siège chacun, tout comme les nationalistes catholiques modérés du Sinn Fein.

– Pays-Bas, 25 sièges. Le Parti chrétien-démocrate (C.D.A.), au pouvoir, remporte 5 sièges. Les petits partis pro-européens comme le D'66 (gauche libérale) et le Groenlinks (socialiste écologiste) progressent avec 3 sièges chacun, alors que les partis traditionnels, le V.V.D. (libéral, 3 sièges) et le P.V.D.A. (travailliste, au pouvoir avec le C.D.A., 3 sièges) sont les perdants du scrutin. On assiste à une forte poussée de la droite populiste et anti-européenne avec les 4 élus du Parti de la liberté. Le Parti socialiste et le ChristenUnie-S.G.P (chrétien social) confirment chacun leur position avec 2 sièges.

Le 5, l'Irlande choisit ses députés européens.

– Irlande, 12 sièges. L'opposition chrétienne-démocrate du Fine Gael, pro-européen, arrive en tête du scrutin avec 4 élus, devant les nationalistes de droite du Fianna Fail (3 élus), parti pro-européen au pouvoir, qui pâtit de l'impopularité des mesures d'austérité prises à la suite de la crise économique. Les travaillistes obtiennent 3 sièges, les socialistes et les indépendants 1 siège chacun.

Les 5 et 6, les électeurs tchèques élisent leurs députés européens.

– République tchèque, 22 sièges. L'O.D.S. (centre droit) du président eurosceptique Václav Klaus remporte le scrutin, avec 9 députés, devant les sociaux-démocrates (7 sièges) qui triplent toutefois le nombre de leurs élus. Les communistes obtiennent 4 sièges et les chrétiens-démocrates, 2.

Le 6, Chypre, la Lettonie, Malte et la Slovaquie élisent leurs députés européens.

– Chypre, 6 sièges. Les électeurs de la partie grecque de l'île votent pour la droite conservatrice (2 sièges) et pour le parti du président Demetris Christofias (ex-communiste, 2 sièges). Les libéraux et les socialistes obtiennent 1 siège chacun. Le taux de participation a chuté de 78,5 à 59,4 p. 100 par rapport à 2004.

– Lettonie, 8 sièges. Les conservateurs de l'Union civile, parti créé en 2008 et appartenant à la coalition au pouvoir, sont les vainqueurs du scrutin, avec 2 sièges. La formation russophone Centre de l'harmonie (centre gauche) fait une percée; elle compte également 2 députés. La droite nationaliste et le centre droit, deux partis de la coalition au pouvoir, sont crédités d'1 siège chacun, tout comme l'opposition de droite ainsi que la gauche représentant la minorité russophone.

– Malte, 5 sièges. L'opposition travailliste anti-européenne, avec 3 élus, devance le Parti nationaliste au pouvoir (2 sièges).

– Slovaquie, 13 sièges. Alors que le taux d'abstention est le plus élevé de l'U.E. (81 p. 100), les sociaux-démocrates au pouvoir réalisent un bon score et ont 5 élus. Les populistes du H.Z.D.S. et les nationalistes du S.N.S., membres de la coalition gouvernementale, obtiennent chacun 1 siège. Les trois partis de l'opposition – les démocrates-chrétiens, le centre droit de la Coalition hongroise et la droite souverainiste – remportent chacun 2 sièges.

Les 6 et 7, les électeurs italiens élisent leurs députés européens.

– Italie, 72 sièges. Le Parti du peuple pour la liberté, coalition menée par Silvio Berlusconi, remporte 29 sièges, loin devant le Parti démocrate (centre gauche, 21 sièges). Mais les vainqueurs du scrutin sont la Ligue du Nord (droite, 9 sièges) et l'Italie des valeurs (gauche libérale, 7 sièges). L'Union des démocrates du centre conserve ses 5 sièges. Alors qu'aucune liste d'extrême gauche n'obtient de siège, le Parti populaire du Sud Tyrol en remporte un.

Le 7, les électeurs des autres pays de l'U.E. désignent leurs députés européens.

– Allemagne, 99 sièges. Les chrétiens-démocrates de la C.D.U.-C.S.U., au pouvoir, restent la première formation politique du pays (34 sièges), malgré un recul par rapport à 2004. Leurs alliés au gouvernement, les sociaux-démocrates du S.P.D., réalisent leur plus mauvais score lors d'une élection européenne (23 sièges), alors que les Verts renforcent leur position (14 sièges). Les libéraux du F.D.P. sont en progression (12 sièges), comme la gauche radicale de Die Linke (8 sièges).

– Autriche, 17 sièges. Les conservateurs de l'Ö.V.P. (6 sièges) devancent les sociaux-démocrates du S.P.Ö. (4 sièges). La liste du populiste eurosceptique de gauche Hans-Peter Martin a 3 députés, dépassant les populistes de droite du F.P.Ö. (2 sièges) et les Verts (2 sièges).

– Belgique, 22 sièges. En Flandre, les chrétiens-démocrates du C.D.&V. recueillent un peu plus de voix que les libéraux de V.L.D. mais les deux partis obtiennent 3 sièges chacun. L'extrême droite xénophobe et séparatiste du Vlaams Belang et les socialistes du S.P.A. ne conservent chacun que 2 sièges sur les 3 qu'ils détenaient. Le centre droit du N.-V.A., les écologistes de Groen! et les populistes de la Liste Dedecker obtiennent chacun 1 siège. En Wallonie, les socialistes du P.S. l'emportent mais perdent un élu (3 sièges), alors que les écologistes obtiennent 2 sièges tout comme les libéraux du M.R. Les sociaux-chrétiens du C.D.H. ont 1 élu. Le siège réservé au collège germanophone est remporté par les chrétiens-démocrates du C.S.P.

– Bulgarie, 17 sièges. Le parti de centre droit G.E.R.B. arrive en tête (5 sièges), devant les socialistes au pouvoir (4 sièges) avec leurs alliés régionalistes (3 sièges) et libéraux (2 sièges). Le parti d'extrême droite Ataka obtient 2 sièges, et les conservateurs, le siège restant.

– Danemark, 13 sièges. L'opposition sociale-démocrate régresse légèrement (4 élus), mais garde l'avantage sur les libéraux au pouvoir (3 sièges). L'extrême droite anti-européenne et l'extrême gauche doublent leur nombre de députés avec 2 élus chacun. Les conservateurs, alliés des libéraux, gardent leur unique siège et le Mouvement du peuple vers l'U.E. en obtient 1.

– Espagne, 50 sièges. L'opposition conservatrice du P.P. (23 sièges) devance de peu les socialistes du P.S.O.E. (21 sièges) au pouvoir. La coalition pour l'Europe qui regroupe les nationalistes modérés et la liste communiste écologiste obtiennent 2 élus chacune. Le centre anti-nationaliste remporte 1 siège et l'Europe des peuples-les Verts (gauche nationale) 1 siège également.

– Estonie, 6 sièges. Le Parti du centre (centre gauche), de l'opposition, remporte les élections avec 2 députés. Il est suivi de très près en nombre de voix par le parti des Indépendants (1 siège). La formation du Premier ministre Andrus Ansip, le Parti de la réforme (libéral), obtient 1 siège, tout comme l'Union pour la Patrie-Res Publica (conservatrice), dans la coalition gouvernementale, ainsi que le Parti social-démocrate du président Toomas Hendrik Ilves (1 siège).

– Finlande, 13 sièges. Les Partis conservateur et centriste au pouvoir remportent le scrutin avec 3 élus chacun. L'opposition sociale-démocrate enlève 2 sièges. Les écologistes améliorent leur score, avec 2 députés, et le parti populiste xénophobe des « Vrais Finlandais » obtient 1 siège.

– Grèce, 22 sièges. Les socialistes du P.A.S.O.K. recueillent un peu plus de voix que les conservateurs de la N.D. au pouvoir, mais les deux partis obtiennent chacun 8 sièges. Les communistes anti-européens du K.K.E. remportent 2 sièges, tandis que le parti d'extrême droite du LA.O.S. progresse (2 élus), devançant la coalition de la gauche radicale (1 élu) et les écologistes (1 élu).

– Hongrie, 22 sièges. L'opposition de la droite nationale du FiDeSz (14 sièges) l'emporte largement sur les socialistes du MSzP, au pouvoir (4 sièges). Le Jobbik, nouveau parti d'extrême droite, xénophobe, obtient 3 sièges et les chrétiens-démocrates du M.D.F., 1 élu.

– Lituanie, 12 sièges. Le Parti conservateur du Premier ministre Andrius Kubilius remporte le scrutin en obtenant 4 sièges, devant l'opposition sociale-démocrate (3 sièges). Le parti populiste Ordre et Justice obtient 2 élus. Nationalistes et libéraux se partagent les 3 autres sièges. La participation est très faible: 20,6 p. 100.

– Luxembourg, 6 sièges. Avec un taux de participation record (90,75 p. 100), le scrutin aboutit au même résultat qu'en 2004: 3 élus pour les chrétiens-sociaux au pouvoir, 1 pour leurs alliés socialistes, 1 pour les libéraux et 1 pour les écologistes.

– Pologne, 50 sièges. Les libéraux de la Plate-forme civique, au pouvoir, sont plébiscités (25 sièges), tout comme l'opposition de droite du parti Droit et Justice (15 sièges). La coalition de gauche, même si elle progresse, n'obtient que 7 élus. Le Parti paysan, allié des libéraux, obtient les 3 sièges restants.

– Portugal, 22 sièges. L'opposition de droite progresse et arrive en tête (8 sièges) devant les socialistes au pouvoir (7 sièges) qui sont concurrencés par la gauche radicale (3 sièges) et l'alliance des écologistes et des communistes (2 sièges). Les conservateurs nationalistes remportent les sièges restants.

– Roumanie, 33 sièges. Les sociaux-démocrates (11 élus) devancent d'un seul siège les démocrates libéraux (10 élus), leur allié au pouvoir. Loin derrière, la droite libérale (5 sièges) a l'avantage sur les conservateurs représentant la minorité hongroise (3 sièges) et sur le Parti de la Grande Roumanie (extrême droite, 3 sièges). Le dernier siège revient au parti d'Elena Basescu, la fille du président.

– Slovénie, 7 sièges. Les conservateurs, dans l'opposition, recueillent plus de voix que les sociaux-démocrates au pouvoir, même si les deux partis envoient 2 députés chacun au Parlement. Les 3 autres sièges vont aux démocrates-chrétiens (1 élu) et à deux partis de gauche libérale (1 élu chacun).

– Suède, 18 sièges. L'opposition sociale-démocrate arrive en tête avec 5 sièges, devançant les conservateurs au pouvoir (4 sièges). Les libéraux (3 sièges) et les écologistes (2 sièges) progressent. Les démocrates-chrétiens, les sociaux-libéraux, les anciens communistes et le nouveau Parti des pirates – revendiquant le libre téléchargement sur Internet – obtiennent chacun 1 siège.

—  Universalis



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Pour citer l’article

«  4-7 juin 2009 - Union européenne. Élections européennes », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 octobre 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/4-7-juin-2009-elections-europeennes/